L'auteur

Alfred de Vigny naît en Touraine au sein d’une famille issue de la vieille noblesse militaire. Après une vie de garnison monotone, il fréquente les milieux littéraires parisiens et notamment le Cénacle romantique de Charles Nodier et Victor Hugo. Figure influente du romantisme, il écrit parallèlement à sa carrière militaire. En 1927, Vigny se fait réformer et épouse une anglaise, Lydia Bunbury. Séduit par le romantisme britannique, Vigny contribue à la connaissance de Shakespeare en France, en traduisant plusieurs de ses pièces, notamment Othello, Le Maure de Venise. De 1822 à 1838, il écrit des poèmes (Poèmes antiques et modernes), des romans (Stello), des drames (Charletton) et des nouvelles (Servitude et grandeur militaires).

Vigny s’installe ensuite au Maine Giraud. Il y goûte à la solitude et prend soin de sa femme malade. De retour à Paris, il se mêle de nouveau à la vie politique et littéraire, parvient à se faire élire, au bout de la cinquième tentative, à l’Académie française, mais échoue en revanche à la députation lors des élections de 1948.

Après sa mort seront publiés Destinées (1864), Journal d’un poète (1867) et Mémoires inédits (1958).

Le Maine Giraud (Charente)

Le manoir du Maine Giraud situé à une vingtaine de kilomètres au sud d'Angoulême a été construit et transformé du XIIe au XVe siècle, puis a appartenu au poète de 1827 à 1863. La propriété lui était venue de sa tante : "Je fus épris de son aspect mélancolique et grave et en même temps je me sentis le coeur serré à la vue de ses ruines". Il prend possession d'un domaine en piètre état, mais se refuse à le vendre et le restaure peu à peu, remet les terres en valeur, achète un alambic d'occasion, répare le manoir , reconstruit l'une des tours. Il méditait et écrivait dans la tourelle, dans une petite pièce en haut de l'escalier en colimaçon. Façades et toitures ont été inscrits à l'inventaire signalétique des monuments historiques.

En datant certains de ces poèmes du Maine Giraud, Alfred de Vigny y a laissé à jamais son empreinte. Afin de lui rendre hommage, la famille Durand, propriétaire depuis 1938, lui a consacré un musée dans l'ancienne salle à manger du manoir. L'exposition retrace les différentes étapes de la vie du poète. Au sommet de la tour, vous découvrirez aussi la petite "cellule" où Vigny aimait à méditer et où il composa notamment La Mort du loup.