L'auteur

Eugène Le Roy, auteur du célèbre Jacquou le Croquant, est considéré comme le maître du « roman rustique social ». Né en 1836 au Château de Hautefort, où ses parents étaient au service du Comte de Damas, très tôt orphelin de père, il fait ses études au petit séminaire de Périgueux, puis s’engage dans l’armée et sert en Algérie. Renvoyé pour indiscipline, il entre en 1860 dans l’administration fiscale. La défaite de 1870 consacre son ralliement à la République : il appartient à la « génération Gambetta », marquée par la philosophie des Lumières, le jacobinisme et l’anticléricalisme. Libre-penseur, il épouse civilement une employée des Postes : il est révoqué par Mac-Mahon, et réintégré un an plus tard.

Il écrit des articles républicains et laïcs dans L’Avenir de la Dordogne. Sa première oeuvre romanesque publiée en 1890, Le Moulin du Frau, est une véritable leçon de radicalisme sous la IIIe République. Sept ans plus tard, Jacquou le Croquant raconte l’histoire d’un jeune paysan orphelin qui se bat contre les injustices. Mademoiselle de la Ralphie est un roman posthume, dont le héros Damasse semble refléter son propre portrait. Le Roy prend sa retraite à Montignac où il s’éteint en 1907 à l’âge de 71 ans.

Château de Hautefort (Dordogne)

Situé au nord-est du département de la Dordogne, ce château classique perché sur un éperon rocheux est à l’origine une forteresse médiévale construite à l’emplacement d’un camp romain. Pendant les guerres de religion, la forteresse subit une série de modifications, mais c’est essentiellement au XVIIe siècle que le château prit son aspect actuel, à la suite de travaux entrepris par l’architecte Nicolas Rambourg pour le marquis de Hautefort, en l’honneur de sa soeur Marie dont était secrètement épris le roi Louis XIII. Sur les bases médiévales fut édifié un corps de logis classique évoquant les châteaux de plaisance de la vallée de la Loire. De magnifiques terrasses fleuries entourent le château, avec un très beau parc à la française. Une salle dans la tour du XVe est consacrée à Eugène Le Roy, né en 1836 au château.