L'auteur

Jacques Rivière est né en 1886 à Bordeaux. Il est l’exact contemporain de François Mauriac, Jean de la Ville de Mirmont, Saint-John Perse, André Lafon, Jean Balde…

Fils d’un professeur de médecine avec lequel il a beaucoup de mal à s’entendre, il perd sa mère à l’âge de 10 ans et est élevé dans la religion catholique, par sa tante et son grand-père maternel. Eveillé dès son plus jeune âge à l’art par cette famille maternelle, il réussit brillamment ses études et est envoyé par son père au Lycée Lakanal à Sceaux pour se présenter à l’Ecole Normale Supérieure. Il y rencontre le futur Alain-Fournier avec lequel s’engage une très belle et abondante correspondance lorsqu’il est obligé de rentrer à Bordeaux pour accomplir son service militaire et sa licence de philosophie. Malgré l’opposition de son père, il s’installe à Paris, épouse la sœur d’Alain-Fournier et devient le secrétaire de la toute nouvelle et déjà prestigieuse Nouvelle Revue Française.

Fait prisonnier dans les tous débuts de la guerre, il passe trois années douloureuses dans le camp de Koenigsbrück avant d’être rapatrié sanitaire en Suisse, où il devient un conférencier et critique reconnu par toute l’élite intellectuelle européenne.

Dès la fin de la guerre, ses pairs l’élisent comme Directeur de La NRF. Il fait de cette revue un élément incontournable de la vie littéraire et artistique française comme européenne. Critique reconnu, découvreur de talents, extrêmement clairvoyant en matière politique, il s’intéresse à tous les arts, à la philosophie, à la psychanalyse naissante ; ses contemporains et amis l’ont surnommé « l’homme de barre ». Epuisé par ses années de captivité et son travail intense, il meurt de la typhoïde le 14 février 1925, laissant deux enfants petits et un vide immense dans le monde littéraire et artistique de cet entre-deux guerres.